Congrès-Express

Congrès-Express est rédigé dans le but de vous offrir une information précise et non biaisée sur les présentations marquantes des grandes conférences nationales et internationales. Tous sont invités à participer et à soumettre des résumés.

Je suis intéressé à soumettre un texte pour Congrès-Express !

Volume 1, Numéro 2

Rapport de la conférence Internal Medicine 2014 American College of Physicians

Orlando, du 10 au 12 avril 2014
Par Denis Chauret, MD, professeur agrégé de médecine*

Vitamines et minéraux : cesser de gaspiller votre argent !

Après avoir révisé toutes les études de qualité portant sur 400 000 patients n’ayant aucun déficit nutritionnel, le verdict est finalement tombé :

Les suppléments de bêta-carotène, vitamine E et les fortes doses de vitamine A causeraient plus de tort que de bien et devraient être découragés.

Les multivitamines, les suppléments minéraux, les autres antioxydants, le folate et les vitamines du complexe B sont inefficaces pour prévenir la morbidité et la mortalité reliées aux maladies chroniques.

Les auteurs concluent que la supplémentation de patients sans déficit nutritionnel n’apporte en fait aucun bénéfice et que certaines vitamines pourraient même augmenter les risques de cancer.

Un autre article publié dans l’Annals of Internal Medicine le 15 avril démontrait qu’aucune vitamine ou supplément de minéraux n’était en mesure de prévenir le cancer ou les maladies cardio-vasculaires.

Rien ne saurait remplacer un régime approprié en vitamines et minéraux ! Nos patients devraient cesser de gaspiller leur argent.

Avant une chirurgie : cesser votre aspirine !

Les résultats de l’étude POISE-2 ont été largement diffusés lors de la conférence. Cette étude clinique de grande envergure, dont l’hôpital Montfort était un site, voulait étudier les bienfaits ou les risques de l’aspirine avant une chirurgie non cardiaque.

Les patients ayant eu une procédure telle l’insertion d’un tuteur endo-vasculaire (stent) étaient exclus de l’étude.

Les résultats portant sur 10 000 patients sont sans équivoque : l’aspirine débutée ou poursuivie avant une chirurgie non cardiaque ne diminue pas les risques d’infarctus du myocarde. De plus, elle augmente les risques de saignement.

À moins d’une indication formelle telle une procédure cardiaque récente, l’aspirine doit être cessée 7 jours avant la chirurgie et reprise 7 jours après.

Une autre étude recommandait d’attendre au moins 6 mois après un infarctus du myocarde pour une chirurgie élective.

Perle clinique en infectiologie

Quel antibiotique choisir en cabinet lorsqu’un patient se présente avec un abcès cutané ou une cellulite ? Que choisir si l’on suspecte une souche de SARM (MRSA) ?

Une étude présentée à la conférence a comparé 2 antibiotiques utilisés pour le traitement d’infections cutanées en clinique ambulatoire.

Environ 500 patients ont été divisés en 2 groupes pour un traitement total de 10 jours. On a comparé la clindamycine, 300 mg TID avec TMP/SMX 160/800 mg BID.

À la fin de l’étude, le taux de guérison était le même pour les 2 groupes sans différence notable quant aux effets secondaires. Il n’y avait aucune différence entre les adultes et les enfants.

La clindamycine et le TMP/SMX demeurent donc d’excellents choix, surtout s’il y a suspicion de souche de SARM.

*Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et n’engagent ni le département de médecine ni l’Hôpital Montfort ni l’Université d’Ottawa

Volume 1, Numéro 1

Rapport de la 73e Réunion annuelle de l'American Diabetes Association

Chicago, du 21 au 25 juin 2013 
Par Denis Chauret, MD, professeur agrégé de médecine*

Sécurité des agents incrétines

Chaque médicament possède ses propres effets secondaires. Au cours des derniers mois, plusieurs publicités ont questionné la sécurité des agents incrétines tels les inhibiteurs de la DPP-4 et les analogues des GLP1. Certaines publicités mentionnaient un risque accru de pancréatite et de néoplasie du pancréas. Une conférence portant sur la question a résumé les points de vue.

  1. Le diabète est en soi un facteur de risque pour la pancréatite et les néoplasies du pancréas
  2. À l’heure actuelle, aucun agent oral ou injectable pour le traitement du diabète n’augmenterait ces risques
  3. Des études prospectives de longue durée permettront d’en connaître davantage sur l’innocuité de ces agents

DCCT : 30 ans plus tard

Cette étude marquante portant sur le suivi à long terme de patients avec le type 1 a célébré ses 30 ans à Chicago. Tout comme l’effet protecteur de UKPDS, le suivi long-terme démontre qu’une approche agressive de tous les facteurs de risque du diabète se traduit par une réduction des événements micro et macro vasculaires même 30 ans après l’étude.

Connaissez-vous la cheiroarthropathie?

L’étude DCCT a mis en relief le risque de complications rhumatologiques associées au diabète surtout de type 1. La neuropathie et ses malformations sont bien connues, mais de récentes études démontrent un plus fort taux de complications rhumatologiques chez les patients souffrant de diabète. Parmi celles-ci on note le tunnel carpien et l’arthrite dégénérative. La cheiroarthropathie est une manifestation rhumatologique se traduisant par un amincissement de la peau au niveau des mains accompagné par des arthralgies. Elle peut apparaître plusieurs années après le diagnostic de diabète.

Insuline degludec et hypoglycémie

L’insuline degludec est une nouvelle insuline à action ultra-longue sans pic d’action. Peu d’études ont toutefois réussi à établir si le risque d’hypoglycémie était moindre.

Une méta-analyse a analysé les risques d’hypoglycémie chez 1925 patients traités avec une insuline basale. L’utilisation de l’insuline degludec a permis de réduire de 17 % le risque d’hypoglycémie sévère par rapport à l’insuline glargine. Cette nouvelle insuline n’a toutefois pas eu d’impact sur la durée ou l’impact de l’événement hypoglycémique. Degludec devrait bientôt être disponible au Canada.

Prêts pour les inhibiteurs de la SGLT2?

Une nouvelle classe d’agents oraux pour le diabète de type 2 sera bientôt disponible au Canada. Cette classe favorisera l’excrétion de glucose par le rein permettant ainsi de perdre des calories. Le mécanisme est indépendant de l’insuline. Les avantages sont intéressants en particulier l’absence d’hypoglycémie et la perte de poids. Il faudra toutefois surveiller les risques plus grands d’infections génitales fongiques.

Une étude présentée à Chicago a démontré une réduction de l’HbA1C, de la glycémie à jeun, du poids et de la tension artérielle systolique chez des patients en dysfonction rénale modérée (GFR entre 30 et 50). Cette médication a été bien tolérée sans complications rénales.

*Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et n’engagent ni le département de médecine ni l’Hôpital Montfort ni l’Université d’Ottawa

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