Contexte

Église rurale dans le paysage d'hiver

La responsabilité sociale n’est pas un nouveau concept. L’attention que lui portent les établissements de soins de santé, les facultés de médecine et, plus récemment, les organismes d’agrément, elle, est nouvelle. En 1995, Boelen et Heck ont défini la responsabilité sociale dans les facultés de médecine dans leur article fondamental intitulé « Définir et mesurer la responsabilité sociale dans les facultés de médecine »[i]. Ils ont d’ailleurs été plus loin en présentant une grille qui pourrait être utilisée comme cadre pour évaluer le progrès réalisé par une faculté de médecine dans l’atteinte d’une plus grande responsabilité sociale. Cette évaluation reposerait sur les valeurs de la pertinence, de la qualité, de l’efficience et de l’équité.

En 2001, Santé Canada a adapté le concept de la responsabilité sociale des facultés de médecine pour offrir une vision des facultés de médecine canadiennes.[ii] En plus d’appuyer les valeurs décrites par Boelen et Heck, les auteurs décrivent une série de principes à partir desquels les facultés devraient fonctionner. Ceux-ci comprennent le professionnalisme, le besoin de maintenir les compétences, des mécanismes pour se tenir au courant des besoins changeants de la collectivité et y répondre, la recherche suscitée par la curiosité et une promotion des intérêts de haut niveau.

Le document de 2010 intitulé « Consensus mondial sur la responsabilité sociale des facultés de médecine » [iii] a rassemblé 130 organismes de partout dans le monde dans le cadre d’un processus de huit mois ayant mené à une conférence de consensus de trois jours. Les questions suivantes ont alors été examinées : comment les facultés de médecine répondent aux besoins sociétaux futurs, comment utiliser les systèmes d’agrément pour s’autoévaluer et comment évaluer le progrès. Dix orientations stratégiques ayant le potentiel d’encadrer l’éducation médicale future ont été mises au point.

Plus près de nous, il suffit de regarder notre plus récente faculté de médecine, l’École de médecine du Nord de l’Ontario.[iv] Conçue en mettant de l’avant la responsabilité sociale comme force motrice, la faculté est un modèle de ce que pourrait être la responsabilité sociale dans les facultés de médecine. L’accent est mis sur les soins aux résidents du Nord de l’Ontario, une politique d’admission qui favorise les étudiants de la région et une relation de travail étroite avec les collectivités locales. Ce modèle, qui a pour pilier l’engagement communautaire, est pour nous un exemple concret de ce que nous pouvons atteindre.

 

[i] Boelen, C. et Heck, J. E. (1995). Définir et mesurer la responsabilité sociale dans les facultés de médecine. Ressources humaines pour la santé, Organisation mondiale de la Santé, Genève.

[ii] Santé Canada. Imputabilité sociale : Une vision pour les facultés de médecine du Canada.

[iii] Boelen, Charles. « Consensus mondial sur la responsabilité sociale des facultés de médecine », Santé publique, vol. vol. 23, no 3, 2011, p. 247-250.

[iv] Strasser, Roger P., Joel H. Lanphear, William G. Mccready, Maureen H. Topps, D. Dan Hunt et Marie C. Matte. « Canada’s New Medical School: The Northern Ontario School of Medicine: Social Accountability Through Distributed Community Engaged Learning », Academic Medicine 84, no 10 (octobre 2009) : 1459-464. doi:10.1097/acm.0b013e3181b6c5d7.

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