Au hasard d’une rencontre, l’appel de l’hématologie - Portrait du Dr Marc Carrier

Publié le jeudi 8 avril 2021

Dr Marc Carrier
Dr Marc Carrier

La francophonie : un passeport international pour la recherche

Par Claudine Auger

Il se souvient qu’adolescent, il coordonnait un programme de jeunes bénévoles dans un centre pour personnes âgées. Cette expérience d’un contact stimulant avec les résidents et le personnel, combinée à des études en biologie et un intérêt pour la recherche… et voilà que le jeune Marc Carrier prenait la voie de la médecine. Comme il raconte, c’est purement « par accident » qu’il a opté pour la spécialisation en hématologie. « Un été, j’ai fait un stage clinique avec un hématologue, le Dr Marc Roger, qui est devenu un mentor, et j’ai présenté mes résultats de recherche dans un congrès annuel aux États-Unis. Je me suis découvert une passion! Mais si on m’avait dit que je ferais de la recherche en maladies veineuses, je n’y aurais pas cru. Quand on évoque un caillot sanguin, on pense naturellement à un AVC, moins à une thrombose. Les maladies veineuses sont l’enfant pauvre de la recherche », confie le Dr Marc Carrier, ajoutant que ce n’est certes pas la spécialité dont la réputation est la plus attrayante. Aujourd’hui, pourtant, en tant que chef de division de l’hématologie à L’Hôpital d’Ottawa, il dirige une équipe d’une trentaine de confrères tout aussi dévoués que lui, dont une douzaine spécialisés en maladies veineuses. « Comme quoi, il y en a d’autres qui trouvent l’hématologie sexy », conclut-il en riant.

Consacrant la majorité de son temps à la recherche clinique, l’hématologue souligne l’importance de la pratique sur le terrain, auprès des patients. Ces deux volets sont à son avis une combinaison essentielle, pour qui ne veut pas perdre de vue ce qui est nécessaire à la pratique. « Les patients me posent des questions, et c’est ce qui m’inspire et me donne des idées de recherche. C’est très stimulant de contribuer à améliorer les soins. » Le chercheur en maladies thromboemboliques veineuses se considère privilégié de profiter d’une structure dynamique lui permettant d’explorer toujours davantage les limites de ses champs d’intérêt. Et c’est en partie grâce à l’ouverture sur la francophonie.

En effet, comme le souligne le Dr Marc Carrier, « la francophonie est un passeport international ». Alors que son milieu accueille nombre de résidents francophones de partout dans le monde, qu’ils retournent ensuite dans leur pays ou décident de s’enraciner au Canada, ces échanges tissent un vaste réseau, décuplant l’expertise, les collaborations et les possibilités de programmes de recherche. « Cela donne accès à un bassin de patients plus grand, plus varié, permettant d’élargir nos horizons et de faire évoluer la pratique plus rapidement ». Pour ce Franco-ontarien parmi les premiers à avoir profité du programme de médecine en français, il considère comme une richesse ces deux cultures, francophone et anglophone, qui se côtoient. « Mais si on n’y porte pas attention, c’est facile d’oublier le français lorsqu’on évolue dans un milieu minoritaire. C’est un défi, parce que la plupart des possibilités sont en anglais. Alors, il faut investir au-delà de la Faculté elle-même, par exemple pour les résidences et la formation continue, en plus de la recherche. » L’hématologue, qui a toujours offert son soutien inconditionnel aux Affaires francophones, a décidé de s’y investir de plus près. « C’est un organisme rassembleur, accueillant, et dont l’ouverture d’esprit ajoute à son pouvoir de mobilisation. Mon rôle est encore en définition, mais comme j’ai moi-même eu la chance d’être guidé par un mentor francophone, j’aimerais faire profiter de mes compétences en recherche et apporter des outils aux étudiants francophones. C’est grâce à tous les petits gestes multipliés qu’on obtient un effet domino ».

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