Pour la défense de ses idéaux - Rencontre avec Dre Stéphanie Benoît

Publié le lundi 8 mars 2021

Dre Stéphanie Benoît

Dre Stéphanie Benoît

Conviction et engagement

Par Claudine Auger

Dynamique et idéaliste, Stéphanie Benoît a terminé sa résidence il y a un an à peine et profite d’un temps d’exploration avant d’enraciner sa pratique. Mais déjà, une chose est claire : elle ambitionne de participer d'améliorer sa communauté. La jeune femme raconte qu’un grave accident, alors qu’elle n’avait que seize ans, a failli lui coûter la vie : « J’ai passé deux semaines aux soins intensifs, c’est grâce aux soins de l’équipe médicale que je suis encore ici. C’est une fois rétablie que j’ai décidé d’aller en médecine : je me sentais redevable. Et puis… j’avais un excellent professeur de biologie », ajoute-t-elle en riant. Plus tard, c’est à Ottawa, ville pour laquelle elle a un coup de cœur, qu’elle entreprend ses études en médecine. « J’ai grandi entre la campagne et la grande ville : Ottawa est un parfait équilibre entre les deux. Je me suis immédiatement sentie chez moi. »

Cette francophone originaire de Sherbrooke, au Québec, a vécu une dizaine d’années à Edmonton, dans l’Ouest canadien, où son père travaillait. Elle a toujours étudié en français. « Dans ma famille, nous avons le français tatoué sur le corps! Au Québec, on tient pour acquis d’être servi, éduqué, soigné en français. J’ai pris conscience du défi d’être francophone en vivant en milieu minoritaire ». Ainsi, alors qu’elle étudie en sciences à l’Université d’Alberta, elle représente les intérêts des étudiants francophones en tant que vice-présidente académique. « Devant les coupures pour les services sur le campus francophone, des lettres ont été récoltées dans la population : notre mobilisation a finalement porté ses fruits auprès des instances gouvernementales, mais c’est un combat continuel », confie la Dre Stéphanie Benoît, qui a également enseigné au Forum National des Jeunes Ambassadeurs, projet de la Francophonie pour l’avenir. « Ce fut une expérience formidable, où j’ai beaucoup appris sur le leadership, la communication et surtout, où j’ai développé des outils pour contribuer à transformer ma communauté et où j’ai tissé un incroyable réseau ».

Stéphanie Benoît a opté pour la médecine familiale afin de jouer un rôle actif en amont et aider à prévenir la maladie. « Ce qui m’intéresse, c’est une approche biopsychosociale. En ce moment, comme je fais beaucoup de remplacement dans différentes cliniques, le fait de suivre un patient à long terme me manque», avoue la jeune médecin qui se sent tout particulièrement interpellée par les clientèles défavorisées. « J’ai déjà pensé à m’impliquer auprès de Médecins sans frontière, mais je me suis rendu compte qu’il y a encore tant à faire ici! Il y a énormément de disparité dans un pays pourtant développé comme le nôtre : en tant que société, comment en sommes-nous arrivés là? Nous pouvons faire beaucoup mieux ». Et pour changer le monde un pas à la fois, elle croit que les Affaires francophones ont un rôle essentiel à jouer. Dès son entrée à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, forte de sa volonté de défendre sa langue maternelle, elle s’est impliquée dans l’organisation des colloques de bien-être et a donné de son temps pour différentes formations. Passionnée par l’enseignement, elle collabore dans des projets de recherche en français, découvrant un tout nouveau réseau. Autant de cordes à son arc pour défendre les droits de la communauté francophone. « Il y a deux langues officielles au Canada, mais il faut parfois parler un peu plus fort pour se faire entendre. J’ai la conviction que c’est par la collaboration qu’on réussira à améliorer les choses ».

 

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