La francophonie tatouée sur le cœur - Portrait de Daniel Hubert

Publié le jeudi 6 mai 2021

Daniel Hubert

Daniel Hubert

L’homme qui provoque le changement

Par Claudine Auger

Natif de l’Ontario, Daniel Hubert a vécu une partie de son enfance de l’autre côté de la frontière, au Québec. À dix ans, de retour en Ontario, il éprouve un choc culturel dont il se souvient très bien. « À l’école, comme je ne parlais pas anglais, j’ai ressenti ce que c’était que d’être minoritaire et ça me dérangeait vraiment d’avoir un accent francophone. Aujourd’hui, c’est une fierté ». Le français coule dans les veines de cette famille franco-ontarienne dont le patriarche et quelques autres membres proches sont des défenseurs farouches des droits des francophones. Quant à l’adolescent qu’il était alors, en attendant l’appel d’un rôle actif dans la francophonie, Daniel Hubert a poursuivi sa formation générale. D’abord en musique, à l’école secondaire et à l’université, avant de bifurquer vers la géographie, appelé par un profond désir de comprendre le monde. Il a ensuite travaillé quelques années en géographie au Conseil des écoles catholiques du Centre Est, à l’occupation de l’espace urbain. Ayant fait le tour du jardin, curieux et avide d’étendre ses connaissances, il a senti un besoin de renouveau.

« Un dimanche matin, mon souvenir est très clair, j’ai décidé de faire un saut au MBA afin d’ouvrir de nouvelles portes. Et le lundi, je m’inscrivais à ce programme à l’Université d’Ottawa! J’avais le goût de me dépasser, de sortir du quotidien routinier où l’on risque de s’enliser ». Homme d’action, il entre de pleins pieds dans le milieu universitaire, un terrain stimulant et positif, comme il le décrit lui-même, qui correspond à son désir de transformer le monde. Pendant un temps, il se consacre à la recherche à l’Université d’Ottawa, puis à l’Association des universités et collèges du Canada (aujourd’hui, Universités Canada), avant de s’orienter vers d’autres projets, entre autres à titre de consultant, souvent en lien avec le milieu universitaire et le rapprochant davantage de la francophonie. Puis, un jour, une connaissance lui envoie l’affichage d’un poste aux Affaires francophones, une organisation dont il n’avait jamais entendu parler. À la dernière minute, il décide présenter sa candidature, en se disant : « Pourquoi pas! » Attiré par les défis, encore et toujours en quête de changement, Daniel Hubert n’hésite pas à se lancer dans le vide.

Il se joint donc à l’équipe des Affaires francophones, où il occupe d’abord un poste de gestion générale, son rôle l’orientant de plus en plus vers des projets spéciaux. « J’adore cette combinaison, c’est très stimulant! Une pensée stratégique globale capable de se déployer vers des horizons concrets. En ce moment, il y a un projet précis en pharmacie, un autre orienté vers les études supérieures en enseignement de la santé, et deux projets en partenariat avec le Bénin. Développer un projet, c’est participer à chaque étape, concrètement, et avoir le sentiment de contribuer activement », explique Daniel Hubert. Selon cet homme d’action, les défis évoluent selon un contexte qui change, portés par un organisme plus pertinent que jamais dans le soutien à la francophonie. « Parce que, disons-le, le français s’est un peu dilué, les gens parlent anglais, consultent Internet, largement en anglais, et aussi parce que les anglophones tiennent pour acquis que nous parlons l’anglais. Mais il ne faut pas laisser le français perdre ses ailes! Ça reste un combat très actuel », plaide-t-il.

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