Guidé par l’humain et la soif d’apprendre - Portrait de Pierre Thabet

Publié le jeudi 4 novembre 2021

Pierre Thabet

Le défi de l’optimisation des traitements

Par Claudine Auger

Son père était un pharmacien passionné par son travail, et Pierre Thabet s’est toujours inspiré, tout au long de son enfance, de cet homme dédié au bien-être de ses patients. Lui-même a toujours su que le contact humain serait un élément décisif dans son choix de carrière. « Pourtant, je ne suis pas allé en pharmacie d’emblée », confie-t-il avec un sourire en coin. Comme bien des jeunes gens, il a exploré son propre chemin, en écoutant ses questionnements, et s’est d’abord orienté vers des études en sciences biomédicales à l’Université d’Ottawa. « J’ai finalement conclu que la profession de pharmacien était ma voie. » Né en Angleterre, Pierre Thabet a déménagé à Ottawa avec sa famille à l’âge de dix ans. Sa mère étant d’origine française, il se sent à l’aise tant dans la langue de Molière que dans celle de Shakespeare et tire avantage d’un pays où deux langues officielles cohabitent. « Sur les documents officiels, j’ai toujours un dilemme lorsque je dois cocher une langue maternelle », lance-t-il sur le ton de la plaisanterie, racontant que son parcours scolaire s’est fait à la fois en français et en anglais.

C’est en Nouvelle-Écosse qu’il étudie en pharmacie. « Mon séjour là-bas a été une expérience fantastique, mais je tenais à rentrer à Ottawa pour retrouver ma famille », explique Pierre Thabet. Aujourd’hui pharmacien clinique à l’Hôpital Monfort en soins intensifs, il apprécie le dynamisme et la variété de son travail, ainsi que l’échange et le soutien d’une équipe multidisciplinaire. « Tous les cas sont différents et les traitements sont personnalisés. Chaque jour, il y a des prises de décision quant aux traitements et nous devons prévenir ou résoudre des problèmes qui ont des impacts dans la vie des patients, et proposer des solutions », explique-t-il. Si son expertise se situe évidemment au niveau de la médication, le jeune pharmacien, curieux et avide de connaissance, apprécie l’ouverture de son milieu de travail. « On se donne la place d’être expert dans notre champ respectif, mais il y a une grande place à l’apprentissage. Plus j’avance, plus je me rends compte que mes compétences évoluent au quotidien. C’est très stimulant ! » Néanmoins, les journées filent rapidement et devant l’ampleur des besoins qui exigent une grande efficacité, il aimerait parfois pouvoir prendre plus de temps auprès des patients. Guidé par son sujet de prédilection, l’optimisation des soins, Pierre Thabet a récemment entamé une maîtrise en épidémiologie afin de nourrir sa passion pour la recherche et solidifier ses connaissances.

Alors qu’il poursuivait ses études en pharmacie, Pierre Thabet s’est impliqué avec énergie dans la vie associative, en présidant l’Association canadienne des étudiants et internes en pharmacie (ACEIP). Il raconte cette enrichissante expérience : « C’était un rôle exigeant, mais j’ai eu l’occasion de bâtir un réseau solide, tout en développant des compétences de leadership et de communication. » C’est à cette même époque qu’il commence à collaborer avec les Affaires francophones. Conscient du privilège et de l’importance de maîtriser deux langues, soucieux des besoins des francophones en situation minoritaire, il n’a pas hésité un instant lorsque l’organisme l’a invité à joindre son équipe. « Vous savez, la langue est un facteur d’optimisation des soins ! Et le besoin de pharmaciens qui parlent français est criant. Je sais de quoi je parle, moi qui ai étudié à Halifax. » Actuellement membre du comité consultatif, il espère jouer un rôle actif dans le développement du nouveau programme de pharmacie en français hors Québec.

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