L’attrait de l’Amérique - Portrait de la Dr Christèle Ferry

Publié le jeudi 10 décembre 2020

Dr Christèle Ferry

Dr Christèle Ferry

Le bonheur d’être là pour les enfants
Par Claudine Auger

Christèle Ferry n’a jamais ressenti l’angoisse devant le choix d’une profession. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle voulait être médecin et n’a jamais changé d’avis. Une rencontre, à l’époque où elle était collégienne, l’a également confortée dans cette voie. « C’était dans les années 1980, en pleine épidémie du SIDA et j’avais participé à une sortie scolaire dans un hôpital spécialisé en maladies infectieuses. Je me souviens bien de cette femme médecin qui parlait de son travail avec passion, et qui nous avait expliqué comment cette nouvelle maladie avait changé le monde », raconte Dr Ferry, française d’origine. Pour celle qui décide alors qu’elle s’occupera de maladies infectieuses, le parcours ne dévie que parce que les facultés de médecine françaises n’offrent pas cette spécialité. Elle se tourne donc vers la pédiatrie. « C’est une spécialité qui pouvait nourrir mon intérêt pour les maladies infectieuses. Et le contact avec les enfants m’allait bien. »

Finalement elle se spécialisera en hématologie pédiatrique. La jeune pédiatre amorcera sa pratique au département de transplantation médullaire de l’Hôpital d’enfants à Nancy, en France, avant de rapidement se joindre à l’équipe du service d’Hématologie greffe de moelle de l’Hôpital Saint-Louis, à Paris. Quelques années plus tard, en parallèle à cette pratique, elle devient médecin adjointe au service d’Onco-hématologie de la Clinique Édouard Rist, à Paris. Cet établissement médical et pédagogique à but non lucratif unique en son genre offre des soins dédiés aux adolescents et jeunes adultes, et allie la prise en charge médicale aux études. « C’est un cadre hospitalier très motivant, pour les professionnels de la santé et pour les patients, et qui garde ces derniers ancrés dans l’espoir concret d’un avenir. Ces jeunes malades, qui portent un diagnostic lourd et arrivent dans notre service après une première hospitalisation où ils ont souvent régressé, peuvent redevenir des adolescents normaux, qui continuent à étudier », explique Dr Christèle Ferry, soulignant que ce cadre soins et études maximise l’observance des traitements.

Puis, il y a deux ans, elle et son mari concrétisent un rêve fou : déménager au Canada avec leurs trois enfants. « C’était un désir ancien d’exercer en Amérique du Nord. Au début des années 2000, nous avions passé une année aux États-Unis, pour nos stages, une expérience qui nous a plu. » Conscients des défis, ils se préparent en visitant quelques grandes villes canadiennes et s’installent finalement à Ottawa. « C’est une ville à l’image de l’Amérique, dans ses commerces, sa gastronomie, sa manière de vivre. Oui, la France me manque », admet-elle en riant. « Mais j’aime le changement, il est motivant d’exploiter notre flexibilité et de profiter de nouvelles expériences enrichissantes », confie Dr Christèle Ferry. D’ailleurs, elle accepterait volontiers de donner un nouveau tournant à sa carrière en explorant… l’enseignement. « J’ai découvert les Affaires francophones il y a peu. J’ai été agréablement surprise de découvrir le volet francophone. L’enseignement m’intéressait et cela m’est apparu comme une évidence lorsque j’ai su que c’était possible ! Je n’avais pas conscience de la réalité des minorités francophones au Canada et je suis admirative de cette défense de la langue française ». Impressionnée par le dynamisme de l’organisation qui soutient la pratique médicale en français, Dr Christèle Ferry est très enthousiaste à l’idée de collaborer avec l’équipe des Affaires francophones.

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