L’intensiviste en quête de défis - Portrait de la Dre Sophie De Roock

Publié le mercredi 14 octobre 2020

Dre Sophie De Roock

Dre Sophie De Roock

Quand les Affaires francophones soutiennent l’épanouissement professionnel

Par Claudine Auger

Sophie De Roock se rappelle bien ses visites chez le médecin lorsqu’elle était petite. « Il écoutait mon cœur, mes poumons, me faisait des piqûres… j’étais intriguée ». Fascinée tout autant que portée par le désir d’aider les autres, il a toujours été clair pour la jeune fille qu’elle prendrait le chemin de la médecine. Native d’Etterbeek, en Belgique, et aînée d’une fratrie de trois, elle décide de financer son rêve en s’engageant dans la défense nationale afin de devenir médecin militaire. Jeune médecin, elle participe à des missions de l’OTAN, en tant que médecin en chef du groupement tactique. Elle se spécialise également en anesthésie, en médecine aigüe et en pratique cardio-vasculaire intensive.

En 2015, elle quitte la Belgique. Son mari, chirurgien, est recruté par l’Institut de cardiologie et la famille s’installe à Ottawa. L’aventure plaît à la Dre Sophie De Roock, mais les deux premières années de cet exil volontaire sont difficiles sur le plan professionnel, alors qu’elle ne peut déployer ses compétences et sa riche expérience de praticienne. « Je réfléchissais sérieusement à un retour en Europe, car je ne trouvais pas mon épanouissement professionnel », se souvient-elle. Mais c’était avant sa rencontre avec les Affaires francophones ! « Par un heureux hasard, lors d’une séance d’orientation, j’ai conversé avec le Dr Paul Hendry, chirurgien cardiaque. Je lui racontais mon inconfort professionnel et il m’a dit : “Mais vous devez rencontrer la Dre Manon Denis Leblanc !” Et tout s’est enclenché très vite ». Lors de cette première conversation très ouverte avec la vice-doyenne des Affaires francophones, la Dre Sophie Dr Roock sent que son désir de s’investir est entendu. « J’étais à la recherche d’un compromis entre la pratique clinique et l’enseignement. De l’envisager en français était pour moi une réelle bouffée d’oxygène! Les Affaires francophones, c’est une équipe très soudée, c’est un îlot francophone essentiel qui avance ensemble vers une même direction. Ses membres sont conscients de leurs forces, mais savent se remettre en question, motivés par l’ambition de changer les choses pour le meilleur. Voilà qui m’interpelle et me réjouit ».

Engagée dans l’enseignement et à l’organisation de webinaires depuis quelques mois avec les Affaires francophones, la Dre Sophie De Roock éprouve un grand bonheur à transmettre son savoir. « J’ai réellement découvert l’enseignement. J’apprécie beaucoup ces interactions avec les étudiants. C’est un partage, car ils sont vifs, curieux, et ils m’obligent à me tenir à jour, à me remettre en question », confie-t-elle. L’enseignement est un volet dans lequel elle désire s’impliquer davantage, tout en conservant, toutefois, un pied sur le terrain de la pratique clinique. Grâce à une licence restrictive, elle a pu recommencer à pratiquer à l’unité cardiaque intensive et, dernièrement, entre autres avec le soutien des Affaires francophones, aux soins intensifs de l’Hôpital Montfort. « Mon expérience de médecin militaire me permet d’aborder la pandémie de la Covid-19 avec confiance : ce genre de contexte stressant, j’ai été formée pour l’affronter. J’ai le sentiment d’être utile et de me réaliser », raconte-t-elle celle qui s’enracine tranquillement sur sa terre d’accueil. « Au-delà de la famille, qui bien sûr nous manque, et de la gastronomie, peut-être, je me sens bien au Canada. J’adore ses grands espaces, la convivialité et la gentillesse, et une certaine dualité culturelle qui me rappelle mon pays ». Il semblerait que l’idée de repartir soit désormais caduque…

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