Le monde fascinant de la cognition - Portrait de Diane Bouchard-Lamothe

Publié le mardi 19 janvier 2021

Diane Bouchard-Lamothe

Diane Bouchard-Lamothe

Un riche bagage dédié à la pédagogie
Par Claudine Auger

Diplômée en psychologie à la fin des années 1970, Diane Bouchard-Lamothe raconte s’être trouvée dans une impasse, devant le sentiment qu’elle ne pourrait pas, de cette manière, contribuer à la société : « Si un individu ne veut pas changer, un psychologue ne peut rien y faire. Et s’il veut changer, ce sera si puissant que j’avais l’impression qu’il y arriverait sans moi! » Franche, réfléchie, portée par le profond désir d’être utile, après quelques années à s’être consacrée à ses quatre enfants, elle entreprend une maîtrise en orthophonie. Outre son intérêt pour la cognition, Diane Bouchard-Lamothe cherche son chemin propre. « Ce qui a soutenu ma démarche dans ce parcours exigeant, c’était le désir d’une identité au-delà du rôle de mère et d’épouse ». Une inspiration pour bien des femmes qui l’ont côtoyée. Une fois sa Maîtrise en orthophonie obtenue, en 1998, à l’Université d’Ottawa, elle passe quelques années auprès d’adultes victimes de lésions intracrâniennes en réadaptation de troubles de la communication cognitive. « Le langage et la cognition sont imbriqués l’un dans l’autre, mais il est essentiel de différencier, lors d’une pathologie, lequel est atteint, car les défis pour se rétablir sont différents », explique-t-elle, ajoutant que bien des spécialistes ignorent cette distinction entre trouble du langage et trouble de la cognition.

En 2005, Diane Bouchard-Lamothe se joint à l’équipe du Consortium national de formation en santé (CNFS), volet Université d’Ottawa, en tant que coordonnatrice de la formation à distance, en parallèle de tâches d’enseignement au programme de deuxième cycle en audiologie et orthophonie. Elle se sent interpellée par la mission de cet OBNL, qui est de soutenir l’offre des services de santé dans leur langue aux communautés minoritaires. « Encore aujourd’hui, il faut travailler à faire reconnaître ce droit, être soigné en français, alors que souvent, on ne se fait même pas demander si on parle anglais! » Ses fonctions, qui lui permettent de parcourir le Canada pour aller à la rencontre des communautés minoritaires, lui permettent une prise de conscience fondamentale. « J’ai été épatée par ces noyaux francophones partout à travers le pays, qui défendent leur langue au quotidien ». Originaire de la région de Montréal, ayant vécu deux ans en Angleterre, mais enracinée en Ontario depuis de longues années, Diane Bouchard-Lamothe se définit en tant que Franco-ontarienne. Elle porte gravée sur son cœur la fierté de sa langue maternelle, qu’elle a transmise à ses enfants et qu’elle travaille à défendre chaque jour.

Depuis une quinzaine d’années, Diane Bouchard-Lamothe s’intéresse à la pédagogie. « En développant sans cesse du matériel de formation dédié aux précepteurs, notamment, j’ai construit un solide bagage en éducation. J’apprends pour mieux enseigner! Et ces connaissances, je les transfère à des collègues pour soutenir leurs interactions avec leurs étudiants et favoriser l’apprentissage », raconte cette passionnée, ajoutant que la métacognition, un de ses sujets de prédilection, est une piste qu’elle utilise volontiers pour développer les habiletés visées. Consultante en pédagogie médicale aux Affaires francophones depuis sept ans, elle poursuit avec enthousiasme ce parcours alliant enseignement et défense du français. Active sur ce terrain, elle constate que le défi de faire respecter la langue canadienne-française demeure un défi actuel, mais se réjouit de l’évolution de la francophonie. « Elle s’élargit et se diversifie, ce qui génère une richesse et une force fondées sur un amour partagé de la langue française, rayonnant des différentes teintes culturelles que chaque communauté de la francophonie lui donne ».

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