Le rôle des médecins CNFS dans la prise en charge des patients en milieu francophone minoritaire

Publié le jeudi 4 novembre 2021

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Une étudiante en médecine originaire d’Edmonton, qui a déménagé à l’autre bout du pays pour étudier en français, ne se voit pas offrir tous les jours l’opportunité de faire un stage dans le même milieu francophone qui l’a vue naître et commencer son parcours éducatif. C’est donc une chance considérable que d’avoir pu accomplir mon stage de médecine familiale dans une clinique bilingue, juste en face du Campus Saint-Jean, à Edmonton, là où j’ai obtenu mon baccalauréat. Au cours de ce stage, j’ai pu observer l’établissement de relations à long terme entre les médecins et les patients, dont plusieurs appartiennent à cette même communauté minoritaire francophone. J’ai pu constater l’importance que ce sentiment d’appartenance peut avoir sur la gestion de la santé de ces patients. Un sourire arboré par les patients francophones lorsque le mot « Bonjour » est prononcé par une nouvelle personne qui entre dans la salle, et la fierté que je les vois éprouver lorsque je réponds « oui » à la question « Parlez-vous français ? » témoignent de l’importance de ce sentiment d’appartenance. Il a été particulièrement réjouissant d’entendre mon précepteur raconter aux patients que j’ai grandi au coin de la rue, dans le quartier francophone d’Edmonton. Plus réjouissant encore fut le fait d’avoir entendu l’anecdote racontée en français. J’ai pu constater et comprendre le sentiment de soulagement ressenti par les patients lorsque ces derniers comprennent qu’ils peuvent vraiment exprimer leurs inquiétudes et obtenir l’aide dont ils ont besoin sans avoir à se soucier d’une quelconque barrière linguistique.

Entretenir des relations avec les patients et gagner leur confiance dans une communauté minoritaire francophone nécessite un effort de compréhension. Lorsque le patient et le médecin ne parlent pas la même langue, la possibilité de développer des relations est moins évidente. Les barrières linguistiques peuvent donc empêcher les patients de créer un lien avec leurs médecins, comprendre le traitement médical et les conseils reçus. Malheureusement, les patients francophones minoritaires ne sont pas toujours accueillis avec des services de santé adaptés, car la disponibilité des médecins francophones à Edmonton, comme dans les autres milieux minoritaires francophones au Canada, est rare.

Il importe de trouver des solutions pour que des soins de santé adaptés aux patients puissent être proposés. Des soins de santé de qualité, indépendamment de l’origine ethnique, de la langue et du statut minoritaire de celles et ceux qui en bénéficient.

Jina El-Jebaoui, promotion 2023

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