Une carrière remarquable, à l’image d’un accord parfait

Publié le vendredi 10 juillet 2020

Photo du Dr Hugh Robertson dans la salle de bal du Shaw Centre

Dr Hugh Robertson, diplômé de l’Université, allie la médecine, la musique et la magie de partager ses réalisations.

Par Michelle Read
Rédactrice

Le Dr Hugh Robertson a entrepris sa carrière en médecine dans une petite ville autrefois frappée par la tragédie; une expérience qui allait façonner de façon permanente son approche à l’égard de la médecine.

Dans les années 1920, le père du Dr Robertson pratiquait la médecine dans la petite ville de Cochrane, dans le Nord ontarien, qui allait devenir l’épicentre de la toute première et plus importante épidémie de fièvre typhoïde du Canada.

Inspiré par les témoignages de résilience des habitants face à la situation, le Dr Robertson a choisi de perpétuer l’héritage de son père en offrant les meilleurs soins médicaux possibles aux résidents de la ville. En 1961, il s’est établi à Cochrane pour commencer sa carrière en médecine.

Au cours de sa carrière, le diplômé de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa a été reconnu comme un expert en radiodiagnostic. Consacrant une bonne partie de son temps au développement d’équipement et de techniques de radiologie, il partageait sa sagesse et ses réalisations avec des collègues médecins de partout dans le monde — et parfois, il partageait même une chanson.

Répondre à des questions inhabituelles

Une fois établi à Cochrane, le nouveau diplômé a dû traiter divers problèmes de santé uniques, propres aux régions éloignées.

« Le spécialiste le plus proche se trouvait à environ 110 kilomètres, à Timmins. Nous faisions parfois face à des maladies très rares, mais les sept médecins de famille de la région fournissaient des soins médicaux précis de haut niveau », mentionne le Dr Robertson.

« Je crois que cette période a été la plus fascinante de ma carrière », poursuit-il. « J’ai pris conscience de l’importance d’approfondir autant que possible mes connaissances afin de prodiguer les meilleurs soins à mes patients ».

Partager sa sagesse et sa musique pour le bien des autres

Le Dr Robertson s’est spécialisé en radiodiagnostic, où il fut rapidement reconnu pour ses réalisations. De 1982 à 1993, il a participé à deux études cliniques de phase III visant l’approbation de la Food and Drug Administration pour les produits de contraste non-ioniques iodés, le second essai ayant permis de réduire le coût par dose à un cinquième du coût initial. Ce produit de contraste plus sécuritaire est aujourd’hui utilisé quotidiennement dans les hôpitaux à travers le monde.

Le Dr Robertson a donné des conférences dans le monde entier et fut professeur invité dans 12 pays. Il a reçu le titre de professeur émérite de radiologie au Health Sciences Center de la Louisiana State University pour ses travaux sur les produits de contraste, et est également professeur clinicien de radiologie au Tulane University Medical Center, en Nouvelle-Orléans.

« Ce fut très gratifiant pour moi de partager certaines de mes connaissances avec des écoles de médecine dans des régions éloignées », mentionne-t-il.

La Nouvelle-Orléans a inspiré le Dr Robertson à renouer avec les aspirations musicales de sa jeunesse grâce à des leçons de chant de Charles Paddock, expert du bel canto. « La musique m’a accompagné tout au long de ma vie, » souligne le Dr Robertson, qui s’est produit en concert à travers le monde pendant 40 ans et a enregistré 16 CD.

Après le passage de l’ouragan Katrina, le Dr Robertson a travaillé dans des hôpitaux de Lafayette, la ville principale du quartier Cajun de la Louisiane. « Les Cajuns (Cadiens) sont des gens dévoués, chaleureux, très religieux et très respectueux de l’éducation familiale, avec une culture musicale et culinaire distincte », affirme-t-il.

Chevalerie et bienfaisance

Depuis plus de 30 ans, le Dr Robertson est membre d’organisations chevaleresques consacrées à la bienfaisance et aux quêtes altruistes. « Selon moi, si nous parvenons à une certaine réussite, nous nous devons d’aider les personnes dans le besoin à faire de même », explique-t-il.

Depuis la fin de leurs études, les collègues de la promotion de 1959, dont fait partie le Dr Robertson, ont maintenu un contact étroit. « Comme de nombreux collègues, j’ai un fort sentiment d’appartenance envers l’Université d’Ottawa », dit-il. « C’est presque comme si nous formions une famille, puisque nous avons travaillé étroitement pendant nos années de formation en médecine. »

Le groupe s’est réuni dans le cadre des Retrouvailles de l’Université Ottawa en 2014 pour souligner le 55e anniversaire, puis en 2019 à l’occasion du 60e anniversaire. Les amis contribuent à la Bourse de la promotion de médecine de 1959, dont 13 étudiants ont pu bénéficier depuis sa création.

Le Dr Robertson est bien conscient des nombreuses dépenses auxquelles font face les étudiants en médecine. « À l’époque, un emploi d’été m’avait permis d’amasser l’argent nécessaire pour payer mes frais de scolarité, mais aujourd’hui, la réalité est toute autre pour les étudiants », explique-t-il.

Pour encourager d’autres personnes dans le domaine, le Dr Robertson, à titre de neuroradiologue, avoue une affinité particulière pour la recherche sur le cerveau. Il insiste également sur la nécessité de l’éducation en soutien au peuple autochtone.

« Comme je suis issu d’une famille rattachée au monde de la médecine; mon père, le Dr Hugh E. Robertson était spécialiste de la tuberculose, œuvrant fréquemment dans l’Arctique auprès des Inuit, et ma mère, infirmière, j’ai la conviction qu’il m’incombe de contribuer à la bourse d’études », mentionne-t-il.

Apprentissage continu

Le Dr Robertson a obtenu une maîtrise en santé publique et médecine tropicale en 2017. Il insiste sur la nécessité d’informer les médias de l’importance d’un vaccin contre la COVID-19 efficace et sécuritaire, qui est devenu absolument nécessaire pour contrôler le virus pandémique.

« Le public doit se rendre compte qu’il est contre-productif de rejeter les vaccins en s’appuyant sur des données inexactes », dit-il. « D’ici là, nous devons faire preuve de prudence, porter un masque et pratiquer la distanciation physique pour nous protéger ».

 

Photo principale : Le Dr Hugh Robertson au Centre Shaw à Ottawa en Ontario, dans le cadre des Retrouvailles 2019 à l’occasion du 60e anniversaire de la promotion de 1959.

Photo de remise des diplômes de 1959 du Dr Hugh Robertson

Après avoir obtenu son diplôme à la Faculté de médecine en 1959, le Dr Hugh Robertson a entrepris sa carrière en médecine dans la petite ville Cochrane, dans le Nord ontarien.

 

Photo de la promotion de 1959 et du doyen aux Retrouvailles de l'Université d'Ottawa 2019.

La promotion 1959 de la Faculté de médecine photographiée avec le doyen Bernard Jasmin au Centre Shaw dans le cadre des Retrouvailles 2019 de l’Université d’Ottawa pour souligner le 60e anniversaire de la promotion. G-d: Dr Hugh Robertson; Dr Roger Dionne; Dr Adrien Bouchard; Dr Jacques Beaudoin; Dr Barrett Adams; Dr Bernard Jasmin. Crédit photo : Mélanie Provencher

 

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