Début d’une séance de rencontres express entre la COVID-19 et des médicaments prometteurs

Par Jessica Sinclair
Rédactrice scientifique

Dans notre lutte contre la COVID-19, nous sommes peut-être déjà, sans le savoir, en possession des armes dont nous avons besoin. C’est l’espoir d’une équipe de trois laboratoires dirigée par l’Université d’Ottawa qui vient de recevoir un financement du gouvernement du Canada pour la recherche d’une solution d’intervention rapide. Les chercheurs mettent en œuvre un plan en trois étapes conçu pour trouver les vulnérabilités du virus, les associer à un médicament, puis tester in vivo les candidats les plus prometteurs.

Le plan commence dans le laboratoire de la professeure Marceline Côté, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la virologie moléculaire et la thérapeutique antivirale. La Dre Côté a notamment mené des travaux de recherche sur le virus Ebola et le SRAS. Son domaine de spécialité est l’étude des virus émergents pour comprendre comment ils fusionnent avec les cellules cibles et comment ils parviennent à s’y introduire.

Si son équipe peut identifier de nouveaux points de contrôle de pénétration ou de fusion du virus, elle pourra s’y attaquer et cibler ces voies pour l’empêcher de s’attacher aux cellules ou d’y pénétrer. C’est là qu’intervient le laboratoire du Dr Patrick Giguère.

« Dans mon laboratoire, nous allons mettre à l’essai différents médicaments pour bloquer le point de contrôle spécifique qui aura été identifié dans le laboratoire de Marceline », dit le Dr Giguère.

Le Dr Giguère est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en pharmacologie moléculaire et en recherche de nouveaux médicaments. Son équipe mettra différents médicaments existants à l’essai afin de déterminer si l’un d’eux peut, dans une version modifiée, être efficace contre le virus. À partir d’un vaste répertoire de candidats qui ont déjà été approuvés par la FDA (et d’autres encore qui se sont révélés sûrs pour les essais cliniques), l’équipe testera les effets de plusieurs d’entre eux en utilisant un pseudo-virus sur des lignées cellulaires humaines.

« Si nous ne trouvons pas de médicaments suffisamment efficaces, nous pourrons faire un dépistage génétique », explique le Dr Giguère. « Nous disposons de répertoires à l’échelle du génome et pourrions trouver un gène qui est directement ou indirectement impliqué dans le mécanisme de pénétration du virus, puis concevoir des médicaments biologiques ou chimiques pour bloquer sa pénétration ou sa fusion. »

Une fois qu’on aura trouvé un médicament qui semble être fonctionnel dans le système, celui-ci sera envoyé au Dr Darwyn Kobasa de l’Université du Manitoba, qui a sa disposition un laboratoire de niveau de biosécurité 4. Le Dr Kobasa pourra travailler avec le nouvel isolat de coronavirus afin de tester les résultats de l’Université d’Ottawa et voir s’il peut reproduire les données. S’il y parvient, son équipe commencera à travailler avec le médicament dans un modèle de souris adapté qui est sensible au virus. Ce serait la première étape vers les essais cliniques.

Cinq autres chercheurs de l’Université d’Ottawa ont reçu des subventions du gouvernement du Canada dans le cadre d’un cycle de financement antérieur d’une intervention rapide contre la COVID-19, notamment les Drs Marc-André Langlois, Ronald Labonté et Kumanan Wilson de la Faculté de médecine, le Dr Maxim Berezovski du Département de chimie et de sciences biomoléculaires, et le Dr Patrick Fafard de l’École supérieure d’affaires publiques et internationales.

 

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La Dre Marceline Côté

 

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