Sachez faire la différence: Enseignement ou maltraitance

Définition de la maltraitance selon l’AAMC :

Il y a maltraitance quand des comportements témoignent d’un manque de respect envers la dignité des autres et nuisent de façon déraisonnable au processus d’apprentissage. Parmi les exemples de mauvais traitements, il y a le harcèlement sexuel, la discrimination ou le harcèlement fondés sur la race, la religion, l’ethnicité, le genre ou l’orientation sexuelle; l’humiliation, la punition psychologique ou physique; et l’utilisation de notes ou d’autres formes d’évaluation d’une manière punitive.

L’occurrence, intentionnelle ou non intentionnelle, de tels incidents entraîne une perturbation de l’esprit d’apprentissage et un non-respect de l’intégrité et de la confiance existant entre un professeur et un apprenant.

Voici, entre autres, des exemples de mauvais traitements :

  • Rabaisser une personne ou l’humilier publiquement
  • Exiger l’exécution de tâches dans le but de rabaisser ou d’humilier
  • Adopter un comportement ayant pour but d’insulter ou de stigmatiser un étudiant ou une étudiante
  • Faire intentionnellement preuve de négligence
  • Avoir un langage verbal offensant
  • Faire preuve d’une colère déplacée
  • Faire des commentaires offensants fondés sur le genre, la race, l’ethnicité ou l’orientation sexuelle
  • Proférer des menaces de préjudice ou de punition physique (p. ex. frapper, gifler, donner des coups de pied)
  • Exiger des services personnels (p. ex. magasinage, gardiennage)
  • Refuser des possibilités de formation par discrimination (genre, race, ethnicité, religion, orientation sexuelle, âge, handicap)
  • Faire des avances sexuelles importunes
  • Profiter de son emploi professionnel pour entamer une relation amoureuse ou sexuelle
  • Demander des faveurs sexuelles en échange de notes
  • Donner des notes inférieures par discrimination (genre, race, ethnicité, religion, orientation sexuelle, âge, handicap)

Dans le contexte des multiples défis que pose la formation en médecine, il est parfois difficile de faire la distinction entre ce que sont et ne sont pas les mauvais traitements.

La Pritzker School of Medicine* a mis au point la série suivante d’exemples pour aider les étudiants et étudiantes et les membres du corps professoral à mieux comprendre ce que sont des comportements inadéquats ou des mauvais traitements.


   
Situation qui ne constitue pas un mauvais traitement
Mauvais traitements 
(ou maltraitance)

M

Méchanceté, intention malicieuse

La première journée de la 3e année, un commis d’unité dit aux étudiants, « Je constate que vous ne vous y connaissez pas trop en informatique ». Il leur offre ensuite de les aider à trouver un poste avec ordinateur.

Un résident donne intentionnellement de la fausse information à un étudiant avant les leçons cliniques. L’étudiant entend le résident rire de la confusion semée par sa manœuvre. 

I

Intimidation intentionnelle

Un étudiant qui travaille avec le directeur de la chirurgie lui dit être nerveux à l’idée d’opérer avec lui, puisqu’il peut lancer ou détruire sa carrière.

Un résident dit à un étudiant qu’il entend le faire pleurer avant la fin de son stage.

S

Sexualité, harcèlement sexuel

On demande à un étudiant de ne pas aller dans une salle parce que la patiente ne veut être examinée que par une femme.

Un étudiant est victime de remarques sexistes offensantes ou se fait traiter de noms.

T
 

Traitement menaçant (verbal ou physique)
 

Une infirmière crie à un étudiant de s’enlever du chemin, puisqu’un patient est sur le point d’être réanimé.

Un médecin traitant saisit le doigt d’un étudiant avec une pince OU le traite d’idiot parce qu’il est incapable de répondre à une question.

R

Racisme ou discrimination excessive

Un médecin traitant donne de la rétroaction à un étudiant sur la façon d’améliorer son rendement.

Un étudiant est victime de commentaires racistes ou éthiquement offensants ou se fait traiter de noms.

E
 

Excès ou manque de réalisme par rapport aux attentes
 

Un médecin traitant demande à un étudiant de lire un article et de le présenter à l’équipe dans le cadre des leçons cliniques.

Un résident dit à un étudiant que la tâche de l’examen rectal lui revient (qu’il soit nécessaire ou non) pour tous les patients admis au service.

A

Abus, faveurs abusives

On demande à un étudiant d’aller se chercher un café et d’en apporter pour l’équipe avant les leçons cliniques, puisqu’un résident s’en est chargé la veille. L’équipe donne de l’argent à l’étudiant.

Un médecin traitant demande à un étudiant d’aller chercher ses vêtements chez le nettoyeur.

T

« Trafic » de notes

Un résident dit à un étudiant qu’il peut étudier et présenter un sujet à l’équipe pour remonter sa note.

Un résident dit à un étudiant que s’il l’aide à déménager, il obtiendra son diplôme avec distinction.


Réf. *The Pritzker School of Medicine


Maltraitance ou manque de professionnalisme?

La maltraitance constitue toujours un manque de professionnalisme.

Le manque de professionnalisme n’implique pas nécessairement de la maltraitance.

Prenez la Déclaration de professionnalisme, qui établit un ensemble de valeurs fondamentales auxquelles doivent se conformer les étudiants en médecine, les membres du corps professoral, les résidents, les professionnels paramédicaux et les membres du personnel. Ces valeurs sont :

  • l’honnêteté et l’intégrité
  • l’altruisme et le respect
  • la responsabilité
  • la compassion et l’empathie
  • le dévouement et l’auto-amélioration

Le manquement à certaines de ces valeurs n’implique pas nécessairement de mauvais traitements. Par exemple, si un professeur annule plusieurs cours à la dernière minute, son comportement est considéré comme un manque de professionnalisme. De même, une personne qui arrive souvent en retard fait aussi preuve d’un manque de professionnalisme. Bien que ces exemples ne soient pas des cas de maltraitance, ils remettent en question le professionnalisme d’une personne.

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